
Une photographie est projetée au mur. On y voit une sculpture dans un temple indien : une représentation de Shiva, dieu de la transformation, sculpté sous sa forme androgyne. « Cette pièce exprime l’unité des opposés dans l’univers, elle rappelle l’importance de l’équilibre dans la vie. » En effet, tout réunit les contraires, à commencer par le volume du bas-relief, projeté à plat, comme sorti d’un livre d’Histoire. Sur l’image, l’artiste pose des cartons et des objets en céramiques, qui lui rendent une présence physique. Les objets prennent place sur le corps de Shiva comme s’il s’agissait de rituels dont on ignore les codes, mais eux-mêmes sont trompeurs : ils ne sont pas naturels mais modelés par l’artiste, qui brouille les pistes entre image et réalité, nature et culture. Enfin, la diapositive possède sa propre matérialité, ce n’est pas une image numérique. Son usure est palpable, comme celle de la pierre indienne. Par la fragilité du dispositif, l’œuvre témoigne de l’impermanence des choses.

“No soy nada, lo veo todo (Je ne suis rien, je vois tout) dont le titre évoque une contradiction irréversible, un point de bascule. Il s’agit d’une installation faite de cartons et de sculptures en céramique sur laquelle est projetée l’image d’une sculpture indienne représentant une Shiva androgyne. Cette pièce exprime l’unité des opposés dans l’univers, elle rappelle l’importance de l’équilibre dans la vie”. SM-S




